Passer au maquillage minimaliste a rendu mon visage étonnamment plus vivant

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La lumière de la fenêtre a glissé sur ma joue, et ma sœur a déclenché la photo sans prévenir. Sur la table, mon carnet Atome Crochu était ouvert, à côté du fond de teint que je portais presque chaque matin. Sur l’écran, la matière semblait plus lourde que d’habitude, surtout sur les ailes du nez et sous l’œil. J’ai été frappée par le relief de mes pommettes, et je me suis sentie presque démaquillée, alors que je n’avais rien changé d’autre ce matin-là, sauf le reste.

Je me maquillais comme tout le monde, sans vraiment y penser

À 32 ans, je travaille comme rédactrice beauté, je vis à Colmar et je suis en couple. Mes matinées partent vite, entre les essais, les relectures et les sacs qu’on attrape en vitesse. J’ai gardé l’habitude de maquiller mon teint presque sans y penser, comme on enfile un manteau connu.

Avant, ma routine tenait en 17 minutes. Fond de teint couvrant, poudre, anticernes, blush poudre, mascara, sourcils dessinés, et je filais sans trop regarder. J’utilisais des produits à 12 ou 18 euros, pris au fil des rayons, sans chercher un fini plus vivant. J’ai appris à voir tout de suite quand la matière écrase les reliefs, surtout autour du nez.

Le maquillage minimaliste me paraissait flou, presque réservé aux visages sans rougeurs. J’étais sûre de moi avec ma couvrance, et je pensais qu’un teint plus nu ferait ressortir chaque cerne. J’ai longtemps repoussé l’idée, parce que je croyais que moins maquiller voulait dire moins soignée, et je me suis trompée sur toute la ligne.

À force de finir la journée avec le front mat et les joues un peu sèches, j’ai fini par regarder mon fond de teint autrement. Je n’avais plus envie de ce masque régulier qui lissait tout et éteignait le visage. C’est là que j’ai commencé à me demander ce que je perdais en couvrant autant.

Les premiers jours sans fond de teint, ce n’était pas gagné

Je suis partie un matin sans fond de teint complet, juste avec un correcteur sous les yeux et autour du nez. Le miroir m’a rendue une version que j’ai trouvée nue, presque trop lisible. Le moindre excès se voyait davantage, et j’ai hésité trois fois avant de sortir. J’ai même gardé la trousse ouverte sur le lavabo, au cas où.

J’ai galéré avec le correcteur. Trop clair, il marquait; trop dense, il restait posé comme une petite plaque sous l’œil. La matière s’est logée dans les ridules dès 9 heures, surtout au sourire, et j’ai dû tapoter avec l’annulaire puis enlever l’excédent au coton-tige. Quand la peau était un peu déshydratée, le teint accrochait au nez et aux joues.

J’ai aussi essayé un fond de teint plus léger, mais trop matifiant, un matin de rendez-vous. Au bout de quelques heures, mes joues avaient perdu leur souplesse et le nez paraissait sec. La zone T s’est cassée, la matière a bougé, puis mon visage a pris un aspect plat. Je me suis retrouvée avec un teint propre, mais sans aucun relief.

Le pire test, c’est quand j’ai poudré tout le visage par réflexe. Les pommettes ont disparu sous l’effet plâtre, et la matière s’est mise à s’oxyder en fin d’après-midi. J’ai aussi placé le blush trop bas, presque vers le nez, et mes traits sont tombés visuellement. Pas terrible. Vraiment pas terrible.

Le seul vrai mieux, c’était la légèreté. Ma peau grattait moins autour des ailes du nez, et je gardais une impression de transparence que je n’avais jamais vue sous un fond de teint complet. J’ai été surprise de voir mes pommettes ressortir sans tout lisser, comme si le visage respirait mieux.

Le déclic est arrivé avec cette photo prise près de la fenêtre

Le déclic a eu lieu près de la fenêtre, un matin gris, quand ma sœur a pris la photo sans me prévenir. Sur son téléphone, j’ai vu mon teint plus éteint avec la couvrance complète que quand j’avais réduit la matière. Mes pommettes ressortaient mieux, et la peau gardait cette petite transparence que j’avais toujours cachée. J’ai été convaincue en dix secondes, sans rien d’autre.

Le lendemain, j’ai revu ma trousse. J’ai remplacé le fond de teint complet par un correcteur ciblé, puis j’ai ajouté un blush crème à 18 euros et un gel teinté à 12 euros. Le blush crème fondait dans la peau, alors qu’un blush poudre me donnait un fini plus sec. Mes sourcils, juste brossés, ouvraient le visage sans le durcir.

J’ai aussi appris à ne poudrer que la zone T et les ailes du nez. Dès que je touchais les joues, le côté vivant disparaissait, et les reliefs devenaient ternes. J’ai réglé le dosage du correcteur pour éviter qu’il ne s’oxyde, et je gagnais trois minutes devant le miroir. Je suis devenue plus calme avec cette version-là.

avec le recul sur passer au maquillage minimaliste a rendu, ce que je sais désormais et ce que j’aurais aimé savoir au départ

Avec le recul, je vois mieux ce qui ne marche pas pour tout le monde. Sur une peau très marquée ou quand une rougeur change d’habitude, je préfère passer la main à une dermato, parce que le maquillage ne dit pas tout. Dans mon cas, le minimalisme a aidé, mais il n’a jamais réglé un vrai souci de peau.

J’aurais dû préparer ma peau autrement. Quand ma crème hydratante n’était pas assez riche, le teint accrochait au nez et aux joues, puis le correcteur se déplaçait dans l’après-midi. J’ai compris qu’empiler l’anticernes n’arrangeait rien, bien au contraire, car ça soulignait les plis au sourire.

J’ai aussi arrêté de vouloir compenser avec trop de poudre. Le jour où j’ai poudré tout le visage, mon reflet est devenu plat, presque terne. À l’inverse, quand je gardais juste le contour du nez et le front, mes reliefs restaient là, et le visage paraissait plus souple. J’avais aussi envisagé une base très couvrante, mais elle m’a toujours laissée froide.

Mon bilan après un mois : ce que je reprends, et ce que j’abandonne

Un mois plus tard, je suis rentrée chez moi avec une autre façon de me regarder. Je passais maintenant 9 minutes devant le miroir, contre 17 minutes avant, et je le notais à la marge de mon brouillon Atome Crochu. Le matin, je repère plus vite quand une matière me fige les traits, et je corrige moins à l’aveugle.

Je referais sans hésiter la photo près de la fenêtre. Je referais aussi le passage progressif vers un correcteur localisé, le blush crème, le gel à sourcils, et la poudre réduite à la zone T. Même mon compagnon m’a dit un soir que j’avais l’air plus reposée, sans savoir pourquoi. J’ai aimé ce changement discret, parce qu’il ne m’a pas effacée.

Pour quelqu’une qui accepte de garder quelques cernes visibles, cette version m’a paru plus juste. Je ne reviendrais pas au fond de teint couvrant complet, ni à l’envie de cacher chaque petite marque. Je garde ce maquillage parce qu’il me laisse du relief, pas parce qu’il gomme tout. Ce jour-là, en voyant cette photo, j’ai compris que mon visage respirait enfin, sans le masque de la matière. Ce n’était pas qu’un changement de produit.

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La rédactrice